Comment gagner de l'argent avec des obligations : stratégies pour les investisseurs conservateurs
1. Choix des types d'obligations
1.1. Obligations d'État (OFZ)
Les obligations fédérales (OFZ) émises par le ministère des Finances de la Fédération de Russie sont considérées comme pratiquement sans risque, car l'État garantit leur remboursement. Le rendement des OFZ varie entre 6 et 8 % par an et peut être flottant, lié au taux directeur, ou fixe. La liquidité de ces titres est très élevée : les volumes de transactions quotidiens dépassent 30 milliards de ₽, ce qui permet d'entrer et de sortir rapidement des positions avec des coûts minimaux.
1.2. Obligations d'entreprises de catégorie investment-grade
Les obligations d'entreprises de grande envergure — « blue chips » — telles que Sberbank, Gazprom, Lukoil, Norilsk Nickel, etc., ont des notations ruAA–ruA (ACRA) et BBB– ou plus (S&P). Leurs coupons se situent entre 8 et 10 % par an, et la liquidité varie de moyenne à élevée. Pour les investisseurs conservateurs, il est recommandé de choisir des titres ayant une notation d'au moins ruA, afin de minimiser le risque de défaut et d'assurer un revenu stable.
1.3. Émissions bancaires
Les banques systémiques comme Sberbank et VTB émettent des obligations avec une notation ruAA et un rendement de 7 à 8 %. Tinkoff Bank propose des coupons allant jusqu'à 9,5 % avec une notation ruBBB, reflétant un risque plus élevé. Les émissions bancaires offrent une diversification supplémentaire et possèdent souvent une bonne liquidité grâce aux volumes de transactions et aux mesures de soutien gouvernementales pour le système bancaire.
1.4. Obligations municipales
Les obligations municipales émises par les régions et les grandes villes (Moscou, région de Moscou, Saint-Pétersbourg) offrent des coupons de 7 à 9 % et des notations ruA–ruBBB. Malgré une liquidité inférieure à celle des OFZ, ces titres conviennent pour la diversification et l'augmentation du rendement sans risque excessif, à condition que l'investisseur évalue attentivement la situation financière de la région et l'historique des obligations.
2. Calcul du rendement des obligations
2.1. Rendement du coupon
Le rendement du coupon est calculé comme le rapport entre le coupon annuel et le nominal. C'est l'indicateur le plus simple et le plus compréhensible de l'efficacité d'une obligation. Cependant, il ne prend pas en compte la prime ou la décote lors de l'achat.
2.2. Rendement à l'échéance (YTM)
Le YTM reflète le rendement total attendu d'une obligation si elle est conservée jusqu'à son échéance, y compris tous les coupons et la différence entre le prix d'achat et le nominal. Le YTM permet de comparer facilement différentes émissions, indépendamment de leurs taux de coupon et des prix de marché actuels.
2.3. Rendement réel
Le rendement réel tient compte de l'inflation : le revenu réel = YTM – inflation. Avec un YTM de 8 % et une inflation de 5 %, le revenu réel serait d'environ 3 %. Les OFZ à coupon flottant aident automatiquement à compenser l'inflation, tandis que les obligations d'entreprise nécessitent une prévision d'inflation pour évaluer le profit réel.
3. Gestion des risques
3.1. Risque de crédit et notations
Le risque de crédit est lié à la probabilité de défaut de l'émetteur. Les OFZ sont exemptées de ce risque, alors que pour les titres d'entreprise, les notations de Moody’s, S&P, ACRA et Expert RA sont critiques. Les investisseurs devraient se concentrer sur des titres ayant une notation d’au moins BBB–/ruA pour réduire le risque de non-paiement des coupons et du nominal.
3.2. Risque de taux d'intérêt et durée
La durée montre à quel point le prix de l'obligation changera avec un mouvement des taux d'intérêt de 1 %. Pour les titres ayant une échéance allant jusqu'à 3 ans, la durée ne dépasse généralement pas 2 ans, ce qui réduit le risque de taux. Les émissions à long terme (7 à 10 ans) peuvent perdre jusqu'à 7 % de leur valeur si les taux augmentent d'un point de pourcentage, il est donc conseillé de limiter leur part dans le portefeuille.
3.3. Liquidité et marché secondaire
Les émissions liquides s'achètent et se vendent facilement avec un faible écart. Les OFZ et les grandes obligations d'entreprise présentent une haute liquidité : les ordres sont exécutés instantanément, et les écarts n'excèdent généralement pas 0,01 à 0,05 %. Les petites émissions nécessitent de la prudence en raison des spreads larges et des volumes de transactions limités.
4. Diversification et rééquilibrage
4.1. Structure optimale du portefeuille
Pour les investisseurs conservateurs, la structure recommandée est la suivante : 50 % OFZ, 30 % obligations d'entreprise de haute notation (ruAA–ruA), 15 % émissions bancaires ruAA et 5 % obligations municipales. Cette diversification réduit les risques sectoriels et de taux.
4.2. Rééquilibrage du portefeuille
Procédez à un rééquilibrage tous les 3 à 6 mois : ramenez les parts d'actifs à leurs valeurs cibles en vendant les titres qui ont pris de la valeur et en achetant ceux qui sont sous-alloués. Cela permet de réaliser des bénéfices et de maintenir un niveau de risque prédéfini.
4.3. Constitution d'un fonds de liquidité
Gardez 5 à 10 % de vos fonds en OFZ très liquides ou en émissions à court terme d'une durée inférieure à 1 an. Cela garantira un accès rapide aux fonds en cas d'opportunités avantageuses ou de dépenses imprévues.
5. Optimisation fiscale via un compte d'investissement individuel (IIS)
5.1. Déductions fiscales
Le IIS de type A exonère de l'impôt sur le revenu à hauteur de 13 % sur le revenu du coupon. Cela augmente le rendement effectif des obligations de 13 %, rendant les OFZ et les obligations d'entreprise plus attractives pour les investisseurs à long terme.
5.2. Limites et conditions
La limite d'investissement dans un IIS est de 1 million de ₽ par an, avec une déduction maximale de 52 000 ₽. La durée de détention du compte doit être d'au moins trois ans : une fermeture anticipée entraîne la perte des avantages, il convient donc d'élaborer une stratégie d'investissement sur plusieurs années.
5.3. Séparation du portefeuille
Placez une partie des fonds (jusqu'à 1 million de ₽) sur l'IIS pour bénéficier des déductions fiscales, tout en conservant le reste sur un compte classique. Cela permettra de combiner un rendement maximal et la flexibilité de gestion des capitaux.
6. Impact de la macroéconomie
6.1. Changements du taux directeur
Une augmentation du taux directeur de la Banque centrale entraîne une baisse des prix des obligations, en particulier pour les obligations à long terme. Les investisseurs devraient réduire la durée et se tourner vers des émissions à court terme (1 à 3 ans) lors de hausses de taux, afin de minimiser les pertes.
6.2. Inflation et revenus réels
La hausse de l'inflation réduit le pouvoir d'achat réel des paiements de coupons. Les OFZ à coupon flottant aident à maintenir le rendement réel, tandis que les obligations d'entreprise à taux fixe nécessitent une prévision de l'inflation pour évaluer le profit réel.
6.3. Facteurs géopolitiques et réglementaires
Les sanctions, les changements réglementaires et les politiques budgétaires influent sur la fiabilité des émetteurs et la liquidité du marché. La diversification par émetteurs, secteurs et délais de maturité aide à se protéger contre les conséquences négatives des chocs géopolitiques.
7. Stratégies d'investissement pour les conservateurs
7.1. Stratégie « acheter et conserver »
Cette stratégie convient aux titres à haute notation et aux coupons modérés. L'investisseur conserve les obligations jusqu'à leur échéance, sans réagir aux fluctuations à court terme, ce qui réduit les erreurs émotionnelles et les coûts liés à des transactions fréquentes.
7.2. Stratégie de rollover
Lors de l'échéance, réinvestissez les fonds reçus dans de nouvelles émissions avec de meilleures conditions. Cette approche permet de s'adapter aux variations des taux et de maintenir le niveau de rendement du portefeuille.
7.3. Approche hybride
Combinez des stratégies de détention passive (80 % des actifs) et des transactions actives sur le marché secondaire (20 % des actifs) pour augmenter le rendement tout en contrôlant les risques. La partie active est investie à des moments de spreads étroits et de haute liquidité.
8. Conseils pratiques et cas d'étude
8.1. Erreurs des investisseurs
Les erreurs fréquentes incluent la concentration sur un seul titre, l'ignorance de la durée, la négligence des déductions fiscales et des commissions des courtiers. Diversifiez votre portefeuille et tenez compte de tous les coûts lors du calcul du rendement.
8.2. Exemple de portefeuille conservateur
L'investisseur A a réparti son portefeuille : 60 % en OFZ de différentes échéances, 25 % en obligations d'entreprise ruAA et 15 % en émissions bancaires ruAA. En cas de hausse des taux, une partie des fonds a été transférée vers des OFZ à court terme, maintenant ainsi le rendement moyen à 7 % avec une volatilité minimale.
8.3. Cas d'utilisation de l'IIS
L'investisseur B a investi 1 million de ₽ dans des OFZ via un IIS, obtenant une déduction de 52 000 ₽ et un rendement net de 8,7 %. En même temps, il a conservé le reste de son portefeuille sur un compte de courtage, assurant ainsi flexibilité et augmentation de la diversification.
8.4. Recommandations des experts
Les analystes des principaux courtiers conseillent de choisir pas plus de trois émissions de haute notation dans chaque catégorie pour simplifier le suivi et réduire les coûts d'exploitation. De plus, ils recommandent de suivre les publications économiques et de vérifier régulièrement les notations des émetteurs.
8.5. Plan d'action pour les débutants
1. Déterminez vos objectifs financiers et votre horizon d'investissement. 2. Choisissez un courtier fiable avec des outils analytiques. 3. Constituez un portefeuille selon le schéma 50:30:15:5 et ouvrez un IIS. 4. Configurez des notifications pour les dates de coupon et les mises à jour de notation. 5. Effectuez un rééquilibrage tous les 3 à 6 mois pour maintenir les parts d'actifs souhaitées.