Gazprom vs Lukoil : quelles actions énergétiques choisir pour l'investisseur
1. Capitalisation boursière et liquidité
1.1 Taille et dynamique de la capitalisation
À la fin de l'année 2024, la capitalisation boursière de PJSC «Gazprom» a dépassé 5,2 trillions de dollars, contre environ 80 milliards de dollars pour PJSC «Lukoil». Au cours des cinq dernières années, la capitalisation de «Gazprom» a augmenté en moyenne de 3 % par an grâce à des dividendes stables et à des projets d'infrastructure à grande échelle, tandis que «Lukoil» a augmenté la valeur de ses actions de 5 % grâce à l'expansion de la production pétrolière en Arctique et sur des actifs étrangers.
1.2 Free float et liquidité
Le free float de «Gazprom» représente 49,8 % du total des actions, ce qui assure des volumes de transactions quotidiens moyens de 1,5 à 2 milliards de dollars. Le free float de «Lukoil» est plus élevé — 60 %, mais les volumes de transactions quotidiens de 300 à 400 millions de dollars reflètent un intérêt institutionnel moindre.
1.3 Conséquences de la liquidité
Pour les grands fonds, la haute liquidité de «Gazprom» permet d'entrer en position sans glissement significatif, tandis que «Lukoil» convient mieux aux investisseurs à long terme, prêts à supporter une vitesse d'exécution des transactions plus faible.
2. Rendement des dividendes et politique
2.1 Rendement historique
De 2015 à 2024, le rendement des dividendes de «Gazprom» a varié de 5 % à 12 %. Principaux paiements : 2015 — 6,5 %, 2018 — 8,2 %, 2022 — 10,5 %, 2024 — 10 %. Pendant ce temps, «Lukoil» affichait un rendement de 6 à 9 % : 2015 — 6,7 %, 2019 — 7,8 %, 2024 — 8 %.
2.2 Taux de distribution et stabilité
En 2024, «Gazprom» a alloué 44 % de son bénéfice net aux dividendes, tandis que «Lukoil» a alloué 45 %. Toutefois, les paiements de «Gazprom» ont fluctué lors de la forte baisse des prix du gaz en 2020, mais se sont redressés en 2022 grâce à la réorientation vers l'Asie, tandis que «Lukoil» a montré une dynamique plus stable grâce à la diversification de ses projets.
2.3 Aspects fiscaux et PEA
Pour les résidents russes, les dividendes sont soumis à un impôt sur le revenu de 13 %. Dans le PEA, il est possible de bénéficier d'une déduction allant jusqu'à 52 000 ₽ pour un investissement de 400 000 ₽ par an, ce qui augmente le rendement effectif de 13 % sur les dividendes.
3. Multiples fondamentaux
3.1 P/E et comparaison
À la fin de 2024, le P/E de «Gazprom» est de 6,5x, celui de «Lukoil» de 8x. Un P/E plus bas pour «Gazprom» indique une plus grande sous-évaluation sur le plan fondamental, mais prend en compte des CAPEX plus élevés et un risque de prix du gaz.
3.2 EV/EBITDA et endettement
L’EV/EBITDA de «Gazprom» est de 3x, celui de «Lukoil» de 4,5x. La dette/EBITDA de «Gazprom» est d'environ 0,6x, tandis que celle de «Lukoil» est de 0,4x, ce qui reflète une politique financière conservatrice chez «Lukoil».
3.3 FCF et marge
En 2024, le flux de trésorerie libre de «Gazprom» est de 1,8 trillion ₽, avec une marge FCF d'environ 25 % ; pour «Lukoil», le FCF est de 450 milliards ₽, avec une marge d'environ 20 %. La marge plus élevée de «Gazprom» s'explique par le faible coût de production en Russie.
4. CAPEX et projets de développement
4.1 Investissements de «Gazprom»
Le CAPEX de «Gazprom» pour 2025 est de 1,5 trillion ₽ (15 % des revenus). Projets principaux : «Force de Sibérie-2», «Arctic LNG-2», expansion du réseau de distribution de gaz.
4.2 Investissements de «Lukoil»
Le CAPEX de «Lukoil» est de 400 milliards ₽ (8 % des revenus), projets : expansion de la raffinerie à Kirishi, développement du champ Prirazlomnoye et projets étrangers en Irak.
4.3 ROI et perspectives
Le rendement attendu des projets de «Gazprom» est de 12 à 14 %, celui de «Lukoil» de 15 à 18 %. Un ROI plus élevé pour «Lukoil» compense son échelle plus réduite, mais les projets de «Gazprom» ont une importance stratégique pour le budget.
5. Risques macroéconomiques et politiques
5.1 Sanctions et exportation
L'UE a restreint l'accès de «Gazprom» à des marchés clés, «Lukoil» déplace son accent vers l'Afrique de l'Ouest et l'Asie. Cela influence les revenus : «Gazprom» a perdu 20 % de ses exportations, tandis que «Lukoil» a augmenté ses exportations en Afrique de 15 %.
5.2 Prix des énergies
Model de sensibilité : une variation de prix du gaz de 100 $/1000 m³ affecte les revenus de «Gazprom» de 400 milliards ₽ par an, pour le pétrole de «Lukoil», un $/baril représente 130 milliards ₽.
5.3 Risques de change
Si le rouble s'apprécie jusqu'à 70 ₽/$, «Gazprom» perd jusqu'à 10 % de son bénéfice net, tandis que «Lukoil» perd 5 %, grâce à une corrélation en devises plus diversifiée de ses revenus.
6. Indicateurs ESG et gouvernance d'entreprise
6.1 Initiatives environnementales
«Gazprom» : réduction des émissions de méthane de 30 % d'ici 2030, lancement du projet «Côte Propre». «Lukoil» : projets de capture du CO₂ et produits pétroliers biodégradables.
6.2 Gouvernance et transparence
Les deux émetteurs ont des conseils d'administration avec des membres indépendants, mais «Lukoil» obtient des évaluations plus élevées pour avoir évité la double fonction de PDG et président du conseil d'administration.
6.3 Programmes sociaux
«Gazprom» investit dans la gazéification de 30 régions, tandis que «Lukoil» soutient des projets éducatifs et culturels, ce qui est reflété dans un classement ESG stable de S&P (~65/100 pour les deux).
7. Analyse technique et tendances du marché
7.1 Tendance de «Gazprom»
Les moyennes mobiles sur 50/200 jours se sont croisées à la hausse au premier trimestre 2025, indiquant le début d'une croissance à long terme. Les volumes de transactions augmentent de 15 % d'un trimestre à l'autre.
7.2 Tendance de «Lukoil»
L'action se consolide dans une fourchette latérale de 6000 à 7000 ₽, le RSI dans la zone 60–70, ce qui indique une accumulation avant une éventuelle rupture.
7.3 Indicateurs d'achat/vente
Le MACD de «Gazprom» affiche un croisement haussier, tandis que «Lukoil» montre une divergence RSI, signifiant un potentiel retournement.
8. Recommandations pratiques et stratégie de portefeuille
8.1 Modèle de portefeuille diversifié
Structure recommandée : 10 % «Gazprom», 7 % «Lukoil», 5 % d'obligations d'entreprises du secteur énergétique, 8 % d'ETF mondiaux sur les énergies, 10 % de titres d'État liquides.
8.2 Horizon de détention
Pour «Gazprom», un horizon optimal de 1 à 3 ans avec des dividendes fixes, pour «Lukoil» — de 3 à 5 ans, afin de bénéficier de la croissance des projets ROI.
8.3 Dollar-cost averaging
La méthode de lissage des coûts (DCA) avec des achats mensuels permet de réduire l'effet de la volatilité des prix sur les niveaux d'entrée.
9. Cas historiques et leçons pour les investisseurs
9.1 Cas 2014-2015
Pendant la chute des prix du pétrole, «Lukoil» a maintenu ses paiements, tandis que «Gazprom» a réduit ses dividendes de 30 %, ce qui a montré l'importance de la diversification des routes d'exportation.
9.2 Cas 2019-2020
La pandémie de COVID-19 a entraîné une baisse de la demande : les actions de «Gazprom» ont chuté de 25 %, celles de «Lukoil» de 20 %. Les investisseurs ayant lissé leurs positions ont augmenté leur rendement d'ici 2022.
9.3 Conclusions pour les investisseurs
La leçon clé est de combiner l'analyse fondamentale et technique : «Gazprom» pour les dividendes, «Lukoil» pour la croissance du capital.
10. Conclusion
«Gazprom» et «Lukoil» représentent deux approches différentes dans le secteur énergétique : le premier étant un leader en matière de dividendes avec une envergure et un rendement élevé, le second étant une entreprise avec des projets efficaces et des ROI plus élevés. Les investisseurs doivent tenir compte de leurs objectifs et de leur horizon d'investissement. Un portefeuille diversifié incluant les deux émetteurs, des ETF mondiaux et des obligations aidera à atteindre un équilibre entre rendement et risque.